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CONFÉRENCES À VENIR (FÉVRIER-MARS 2000)
COLLÈGE DOMINICAIN DE PHILOSOPHIE ET DE THÉOLOGIE D'OTTAWA
UNIVERSITÉ D'OTTAWA


VENDREDI 18 FÉVRIER 2000
SÉBASTIEN CHARLES - UNIVERSITÉ D'OTTAWA
LA RÉCEPTION DES MONISMES AU XVIIIe SIÈCLE
Université d'Ottawa (série «Recherches actuelles»)

Deux types de monisme ont eu une influence certaine au XVIIIe siècle, à savoir le matérialisme et l'immatérialisme. À la recherche de fondateurs, les philosophes des Lumières se sont créés deux représentants de ces courants : Spinoza et Berkeley. Mais les ont-ils vraiment créés ? Il s'agit ici de s'interroger sur l'influence des revues savantes sur l'intelligentsia des Lumières et de déterminer leur responsabilité dans le travestissement du spinozisme et de l'immatérialisme berkeleyen. Chemin faisant, nous montrerons les enjeux d'une telle lecture (refus du malebranchisme chez les Jésuites qui justifie un rapprochement tendancieux entre l'auteur de la Recherche de la vérité et Berkeley, qui passe pour être son disciple anglais; volonté de promotion du matérialisme à travers le spinozisme) et nous conclurons en faveur d'une objectivité littéraire que le XVIIIe siècle ne pouvait, voire ne voulait avoir.


JEUDI 2 MARS 2000
ROSELYNE DÉGREMONT - UNIVERSITÉ LYON III / E.N.S. FONTENAY-AUX-ROSES
LA PENSÉE DE L'HUMAIN DANS LA PHILOSOPHIE DE GEORGE BERKELEY
Collège dominicain de philosophie et de théologie d'Ottawa

Qu'en est-il de la pensée de l'humain chez George Berkeley, à la fois philosophe et pasteur anglican ? La question se pose, et elle est fort délicate, parce qu'elle est pour l'essentiel implicite, et en gestation intérieure. Car le nominalisme philosophique du jeune Berkeley (dans les Principes de la connaissance humaine) impliquait que l'idée d'homme ne pût être que «générale» -- et non pas générale abstraite --, ce qui signifiait que cette idée restait attachée à des perceptions d'hommes particuliers, caractérisés, et ne dégageait pas un concept de l'universel humain. Mais la pensée de Berkeley devenu évêque en Irlande, en liaison avec les engagements paroissiaux décidés et persévérants dans le sens de la pure générosité, du dévouement inconditionnel à tous ceux qui ont faim, qui souffrent de maladie ou d'ignorance, s'exprime en termes délibérément humanistes, comme si l'universel «homme» était bien constitué. Quels rôles ont joué dans l'évolution de Berkeley ses voyages, son projet des Bermudes et son installation en Amérique ? Pouvons-nous dégager les éléments d'une maturation ou d'une modification de sa conception de l'humain ? Y avait-il en elle une tension entre l'approche que le philosophe en faisait, et l'approche que le pasteur en avait ?


VENDREDI 3 MARS 2000
ROSELYNE DÉGREMONT - UNIVERSITÉ LYON III / E.N.S. FONTENAY-AUX-ROSES

LIBRE-PENSÉE ET LIBERTÉ
Université d'Ottawa (série «Colloquium»)

Dès que la libre-pensée s'identifie elle-même comme combat de la raison engagé contre la religion comprise comme superstition, en particulier en 1713 avec la publication du texte d'Anthony Collins Discours de la libre-pensée, elle se pose elle-même la question de la liberté, ce que manifeste par exemple l'écrit du même Collins qu'est l'Enquête sur la liberté; et elle pose à ceux qui s'y confrontent et y réagissent un autre problème, celui de se présenter à la fois comme une «libre» pensée, et comme un nécessitarisme désavouant l'idée de la liberté humaine. N'en était-ce pas trop ? La libre-pensée n'ajoutait-elle pas à l'insupportable violence faite à la religion héritée de la tradition et mise sous l'autorité de l'État une incohérence interne flagrante ? Mais les objecteurs comme le philosophe et futur évêque George Berkeley ne se trouvaient-ils pas eux-mêmes pris aux rets d'une position qui en était la contradictoire, et qui se trouvait amenée à la fois à enjoindre aux sujets l'obéissance aux autorités et à cultiver la pensée qu'ils étaient libres, que cette liberté pouvait se manifester autant par un «non» que par un «oui» ? L'examen paradigmatique de l'affrontement de Collins et de Berkeley en 1713 permettra à la fois de prendre la mesure de cette antinomie et de chercher si elle comportait ou non des voies de résolution.

RENSEIGNEMENTS : Sébastien Charles (scharles@mondenet.com)

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